Madone à gratter (Figurine à gratter)
Une Madone à gratter (« Schabmadonna ») est une figurine dite « à gratter », sur laquelle les fidèles avaient autrefois pour habitude de gratter de l’argile ou de la terre. Les fidèles pensaient que les résidus ainsi obtenus possédaient des pouvoirs curatifs, c’est pourquoi on les saupoudrait sur la nourriture ou la nourriture pour animaux.
Les Madones à gratter proposées ici sont vendues uniquement à des fins décoratives et ne sont pas destinées à être utilisées comme figurines à gratter.
Acheter une Madone à gratter
Vous trouverez ci-dessous des Madones à gratter à vendre :
-

Madone à gratter d’Einsiedeln, vêtue d’un costume royal espagnol (vierge de pèlerinage, vierge à gratter)
180,00 €incl. envoi par la poste
Délai de livraison : 7-14 días
Ajouter au panier -

Madone à gratter d’Einsiedeln n° 4 (vierge de pèlerinage, vierge à gratter)
180,00 €incl. envoi par la poste
Délai de livraison : 7-14 días
Ajouter au panier -

Madone à gratter d’Altötting en terre cuite teintée de noir
380,00 €incl. envoi par la poste
Délai de livraison : 7-14 días
Ajouter au panier -

Madone à gratter d’Einsiedeln avec deux corbeaux au dos
160,00 €incl. envoi par la poste
Délai de livraison : 7-14 días
Ajouter au panier -

Madone à gratter d’Einsiedeln N° 2
160,00 €incl. envoi par la poste
Délai de livraison : 7-14 días
Ajouter au panier -

Madone d’Einsiedeln sous forme de figurine à gratter (vierge à gratter)
180,00 €incl. envoi par la poste
Délai de livraison : 7-14 días
Ajouter au panier -

Madone à gratter d’Einsiedeln, avec des points verts et rouges
Vendu -

Madone noire (Einsiedeln) sous forme de madone à gratter
Vendu
Terme Madone à gratter
On utilise parfois le terme « Schabemadonna » (Madones à gratter) à la place de « Schabmadonna ». Ce terme, « Schabmadonna » ou « Schabemadonna », vient du fait que l’on grattait un peu d’argile ou de terre cuite à l’arrière ou sur le socle des Madones à gratter afin de l’utiliser, entre autres, à des fins médicales.
Dans le dialecte des habitants d’Einsiedeln, on les appelle ou on les appelait également «Laicheibli», ce qui se traduit le mieux par «petites figurines d’argile» («Lai» signifie argile et «Cheibli» signifie «femme attachante»).
On connaît notamment les Madones à gratter d’Einsiedeln (Schwyz, Suisse), qui sont souvent peintes, et celles d’Altötting (Haute-Bavière, Allemagne), qui sont souvent entièrement noires.
Histoire des Madones à gratter
Les Madones à gratter font partie de ce qu’on appelle les objets de dévotion ; elles étaient donc, du moins à l’époque où elles étaient fabriquées par l’Église elle-même, consacrées et bénies par celle-ci.[1]
Il est attesté que les Madones à gratter d’Einsiedeln étaient fabriquées par le monastère dès le XVIIe siècle. Un exemplaire provenant de la collection d’art du monastère d’Einsiedeln porte par exemple la date de 1679. On suppose toutefois que la fabrication de ces Madones à gratter ait commencé bien avant cette date.[1]
Lors de l’invasion française en 1798, le monastère d’Einsiedeln possédait déjà des Madones à gratter – qu’il avait lui-même fabriquées ou que des tiers avaient produites avec son autorisation –, car il détenait le monopole de la fabrication d’objets de dévotion, et donc également de ces Madones à gratter. Les Madones à gratter fournies par le monastère étaient distribuées gratuitement. [1]
Vers 1739, dans le « livre des miracles », le monastère mettait expressément en garde contre des contrefaçons qui auraient été vendues par des marchands sur la place du monastère.[2] Seuls les originaux provenant du monastère se voyaient attribuer des propriétés miraculeuses par celui-ci, tandis que les contrefaçons étaient qualifiées de superstition par le monastère. [3]
Après l’invasion des Français, c’est-à-dire à partir de 1798, tout le monde fut autorisé à fabriquer des Madones à gratter. Le monastère aurait toutefois cessé cette activité à partir de cette année-là, lorsqu’il perdit son monopole sur la production. [7]
Certaines sources indiquent que des Madones à gratter étaient encore produites vers 1920.[1] D’autres sources estiment qu’elles ont continué à être fabriquées pendant une grande partie du XXe siècle. [7] À l’heure actuelle (au 28 juin 2026), aucune Madones à gratter n’est plus vendue dans les boutiques d’objets de dévotion d’Einsiedeln.[1]
Les Madones à gratter fabriquées à partir de 1798 par des personnes extérieures au monastère ne contiennent certainement aucun des ingrédients « sacrés », car ces personnes n’y avaient pas accès.[3]
Morphologie et propriétés matérielles
La taille des Madones à gratter varie entre 1 et 25 cm. En ce qui concerne le matériau, il ne s’agit pas d’argile pure, mais plutôt de terre à poterie. Des sources du XVIIIe siècle indiquent que les Madones à gratter fabriquées par le monastère auraient été mélangées à « diverses reliques précieuses des saints de Dieu ». Il est également question d’huile sacrée provenant des lampes de la chapelle de la Grâce et de diverses « herbes médicinales ». Dans la littérature spécialisée, on peut notamment lire que des matériaux provenant de la chapelle des Grâces ont été incorporés, tels que de la poussière, de la terre, du mortier ou de la poussière de reliques. Cependant, on ignore encore aujourd’hui si des éléments ont été ajoutés aux Madones à gratter du monastère et, le cas échéant, de quoi il s’agissait exactement.[2] Les exemplaires fabriqués ultérieurement par des entreprises privées ne contenaient bien sûr pas ces composants, car ceux-ci n’étaient pas disponibles. [3]
Les figurines étaient fabriquées dans des moules en métal. L’argile était pressée dans les moules. Après les avoir laissées sécher, on les cuisait ou non au four. Pour les utiliser comme Madones à gratter, on les laissait non cuites, bien que l’on ait également trouvé des exemplaires cuits, partiellement effrités. On portait toutefois plutôt sur soi les « copies d’images miraculeuses » cuites ; on leur attribuait des miracles. Certaines figurines, cuites ou non, étaient décorées ou dorées.
Lorsqu’une « Schabmadonna » était endommagée par le monastère pendant sa fabrication, on l’encastrait par exemple dans les murs des maisons, car comme ces Madones à gratter contenaient des reliques, il était interdit de s’en débarrasser. Toutes les Madones à gratter retrouvées sur la place du monastère sont non cuites.[4]
Bien que la taille des Madones à gratter puisse varier considérablement en fonction de leur fonction – entre 1 et 25 centimètres – [10], elles peuvent être classées en trois types : les figurines stylisées présentant un diamètre plus ou moins circulaire, celles munies d’une frange et les Madones à gratter très plates. Comme l’a constaté Rothkegel et comme en témoigne la découverte de pièces comportant de la colle au dos, les exemplaires plats ont été utilisés aux XIXe et XXe siècles comme objets de collection sur papier ou carton. [9]
Marque sur les Madones à gratter
Les Madones à gratter fabriquées par l’abbaye d’Einsiedeln portaient une « marque d’authenticité ». Cependant, cette marque fait l’objet de descriptions divergentes. Certains indiquent qu’il s’agit des armoiries de l’abbaye, qui comportent deux corbeaux. Le fait qu’il s’agisse bien des armoiries de l’abbaye avec les deux corbeaux, qui indiquent que la production provient du monastère, est corroboré par l’existence d’un moule en fonte qui servait à estamper les Madones à gratter avec précisément ces armoiries. On part du principe que seules les Madones à gratter portant les armoiries du monastère étaient d’authentiques Madones à gratter monastiques. [3]
On a toutefois également trouvé des Madones à gratter qui ne portent que deux corbeaux au dos en guise de marque, c’est-à-dire sans blason. On peut sans doute en déduire que ces Madones à gratter ont été fabriquées par des personnes extérieures au monastère, soit sous forme de contrefaçons jusqu’en 1798, soit après la fin du monopole du monastère sur la fabrication de ces figurines, à partir de 1798.[3]
Rüdiger Rothkegel souligne toutefois, en se référant aux Madones à gratter conservées dans le canton de Zoug, que sur les exemplaires représentant des corbeaux, la partie du blason pourrait avoir disparu. [8] Rothkegel estime également que, compte tenu de la longue durée d’utilisation des moules, l’absence de détails tels que le blason est tout à fait possible. [9] Il est toutefois peu plausible que le monastère ait diffusé des Madones à gratter sur lesquelles les armoiries n’étaient pas reconnaissables, alors que son objectif était précisément de se démarquer de la concurrence. Il est également peu probable que l’ensemble des armoiries se soit complètement effacé autour des corbeaux au fil du temps, alors que ces derniers sont encore bien conservés.
Certaines Madones à gratter portent les initiales « PO » ; celles-ci font référence à l’artiste Peter Ochsner, qui vécut de 1809 à 1865, de sorte que ses Madones à gratter ne peuvent plus être associées au monastère.
Utilisation des Madones à gratter
Les Madones à gratter étaient utilisées d’une part à des fins curatives, et d’autre part comme copies d’images miraculeuses.
À des fins curatives, on raclait la matière du dos ou du socle, puis on ingérait la poudre ainsi obtenue, par exemple dans de l’eau ou dans un repas. On administrait également la poudre raclée des Madones à gratter à des animaux malades.[5]
Utilisées comme copies d’images miraculeuses, les Madones à gratter étaient enterrées dans le sol lors de la construction de maisons, encastrées dans les murs ou intégrées dans les poutres du toit. On pouvait également les porter sur soi, par exemple en les glissant dans de petites capsules que l’on accrochait à un chapelet. Certaines Madones à gratter étaient aussi intégrées dans des coffrets à reliques. [5]
Le « Livre des miracles » et la « Chronique de l’ermite » rapportent de nombreux récits miraculeux. Ces copies d’images miraculeuses étaient également souvent utilisées pour protéger les femmes en travail. On les plaçait également dans le berceau des nourrissons et on les cousait dans la literie des enfants. Une Vierge de Schab a également été retrouvée lors d’un enterrement datant de 1695. Le lieu de pèlerinage fribourgeois de Notre-Dame du Bois a vu le jour dans une forêt, à l’endroit où un homme avait déposé une Madone à gratter et l’avait décorée de fleurs. [6]
Sources
[1] Marty, Evelyne: „Laicheibli“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Mittelalter : Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins = Moyen Age : revue de l’Association Suisse Châteaux Forts = Medioevo : rivista dell’Associazione Svizzera dei Castelli = Temp medieval : revista da l’Associaziun Svizra da Chastels, volume 26 (2021), cahier 4, p. 184.
[2] Marty, Evelyne: „Laicheibli“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Mittelalter : Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins = Moyen Age : revue de l’Association Suisse Châteaux Forts = Medioevo : rivista dell’Associazione Svizzera dei Castelli = Temp medieval : revista da l’Associaziun Svizra da Chastels, volume 26 (2021), cahier 4, p. 185.
[3] Marty, Evelyne: „Laicheibli“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Mittelalter : Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins = Moyen Age : revue de l’Association Suisse Châteaux Forts = Medioevo : rivista dell’Associazione Svizzera dei Castelli = Temp medieval : revista da l’Associaziun Svizra da Chastels, volume 26 (2021), cahier 4, p. 186.
[4] Marty, Evelyne: „Laicheibli“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Mittelalter : Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins = Moyen Age : revue de l’Association Suisse Châteaux Forts = Medioevo : rivista dell’Associazione Svizzera dei Castelli = Temp medieval : revista da l’Associaziun Svizra da Chastels, volume 26 (2021), cahier 4, p. 196.
[5] Marty, Evelyne: „Laicheibli“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Mittelalter : Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins = Moyen Age : revue de l’Association Suisse Châteaux Forts = Medioevo : rivista dell’Associazione Svizzera dei Castelli = Temp medieval : revista da l’Associaziun Svizra da Chastels, volume 26 (2021), cahier 4, p. 187.
[6] Marty, Evelyne: „Laicheibli“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Mittelalter : Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins = Moyen Age : revue de l’Association Suisse Châteaux Forts = Medioevo : rivista dell’Associazione Svizzera dei Castelli = Temp medieval : revista da l’Associaziun Svizra da Chastels, volume 26 (2021), cahier 4, p 182.
[7] Rothkegel, Rüdiger: „Mittelalterliche und neuzeitliche Tonstatuetten aus dem Kanton Zug“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Zeitschrift für schweizerische Archäologie und Kunstgeschichte = Revue suisse d’art et d’archéologie = Rivista svizzera d’arte e d’archeologia = Journal of Swiss archeology and art history, volume 63 (2026), cahier 2, p. 156.
[8] Rothkegel, Rüdiger: „Mittelalterliche und neuzeitliche Tonstatuetten aus dem Kanton Zug“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Zeitschrift für schweizerische Archäologie und Kunstgeschichte = Revue suisse d’art et d’archéologie = Rivista svizzera d’arte e d’archeologia = Journal of Swiss archeology and art history, volume 63 (2026), cahier 2, p. 157.
[9] Marty, Evelyne: „Laicheibli“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Mittelalter : Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins = Moyen Age : revue de l’Association Suisse Châteaux Forts = Medioevo : rivista dell’Associazione Svizzera dei Castelli = Temp medieval : revista da l’Associaziun Svizra da Chastels, volume 26 (2021), cahier 4, p. 188.
[10] Marty, Evelyne: „Laicheibli“: Analyse und Typologie der Schabmadonnen-Funde aus, in: Mittelalter : Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins = Moyen Age : revue de l’Association Suisse Châteaux Forts = Medioevo : rivista dell’Associazione Svizzera dei Castelli = Temp medieval : revista da l’Associaziun Svizra da Chastels, volume 26 (2021), cahier 4, p. 189.
